Bowling for Columbine ...ou presque

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Oui, je pense continuer à faire usage du titre semi-explicite (...ou semi-implicite selon votre philosophie) pour introduire mes articles, ça a le mérite de m'amuser.

 

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Résumé :

Carnages est une nouvelle de Maxime Chattam dans laquelle, un inspecteur afro-américain (sa couleur de peau a sa petite importance dans le récit) nommé Lamar Gallineo est chargé d'enquêter dans un lycée à Harlem où un élève s'est donné la mort après avoir massacré une bonne partie de ses petits camarades  à coup d'arme à feu (un jeune homme à problèmes, sans nul doute).

Une bien sombre affaire qui sera à l'origine d'une épidémie sanglante puisque d'autres crimes du genre  ne tarderont pas à être commis dans les établissements scolaires alentours ...et ce, toujours par des élèves.


Mon avis :

Bien que je sois une grande amatrice du travail de monsieur Chattam, je dois admettre avoir été un tout petit peu déçue pour le coup.

L'histoire n'est pas mauvaise, loin de là ...mais je n'ai pas pris mon pied comme ça avait pu être le cas avec ses précédents romans tels que L'âme du mal, In tenebris, Prédateurs, Les arcanes du chaos ...et je vais m'arreter là sinon je pourrais vous citer les 3/4 de sa bibliographie.

Ici, je pense que le problème réside dans l'une des caractéristiques propre au genre nouvellistique (...ah, Google m'indique que ce mot existe bel et bien) : la concision.

Autant, l'auteur s'en est admirablement sorti avec Le fracas de la viande chaude, une autre nouvelle (disponible dans le recueil l'Empreinte sanglante) dont la noirceur de la narration m'avait marquée (disons que le témoignage d'un meurtrier qui expose son mode opératoire pour réduire une "blondinette" à l'état de steak, ça fait sont petit effet), autant avec Carnages, la grande curieuse que je suis a eu l'impression que le récit est passé par la case castration (pour ressortir avec 92 pages, uniquement), puisque certaines de mes interrogations sont restées en suspens.


Cela dit, je ne regrette pas cette lecture dans la mesure où je suis parvenue à retrouver la fluidité spécifique au style écrit de l'auteur ainsi que d'autres éléments "chattamesques" (j'ai le barbarisme facile) auxquels je me suis attachée avec le temps  :

La palette de personnages employée, par exemple. Comme une grande majorité des protagonistes de Maxime Chattam, Lamar est quelqu'un d'assez solitaire, dont la vie professionnelle passe en premier plan et qui, ma foi, possède un sens de la déduction plutôt enviable (Joshua Brolin, es-tu là ?). Un individu à la fois admirable et touchant, en somme.

Quant au fameux retournement de situation qui clôture la plupart de ses intrigues et fait s'écarquiller les yeux  des lecteurs ...il est également de la partie, je vous rassure.


Voilà pourquoi je recommanderais surtout cette nouvelle aux habitués de thrillers (en particulier aux lecteurs fidèles de Chattam) car elle demeure agréable à lire même si elle ne révolutionne pas le genre et laisse un petit arrière goût de frustration. Mais c'est peut être moi qui suis trop exigeante après tout...

A méditer.

 

Morceaux choisis :

Lisa-Mary sortit de la file pour se mettre au milieu du couloir et scruter ce qui se passait au loin. Les portes coupe-feu étaient immobiles. Rien à signaler.

Puis, un battant trembla.

Il se mit en mouvement.

Une jambe apparut, puis toute une silhouette. Elle tenait quelque chose d'étrange dans la main...

Lisa-Mary n'entendit pas les nouvelles détonations, ni les hurlements paniqués de la foule.

Son crane tout entier venait d'exploser.

Le garçon qu'elle désirait une seconde plus tôt était à présent couvert de sa cervelle, d'esquilles d'os et de fragments brûlés de ses longs cheveux roux.


Bonus :

Puisque je me refusais de passer pour une vulgaire sadique en vous laissant sur un extrait riche en hémoglobine et autres réjouissances macabres, j'ai jugé utile de partager avec vous une vidéo sur  l'adaptation de L'âme du mal (évoqué plus haut) par TF1, initialement prévue pour février 2009 (et pour laquelle Maxime Chattam n'a pas eu son mot à dire, soyons clairs) ...ou comment faire d'un roman génialissime une daube sans nom.

Que cela concerne le lieu du tournage (adieu Portland), le choix des acteurs  ou encore l'improbable référence à Usual Suspects (j'adore ce film mais, honnêtement, la comparaison me dépasse tant les deux oeuvres n'ont rien à voir entre elles), la vidéo est juste foutrement drôle.

 

 


 

Bonne marrade ...et surtout prenez garde au "Bourreau du Vercors" (mon hilarité a atteint son apogée lorsque j'ai entendu ces trois mots, je crois) parce qu'avec un surnom pareil, il ne peut qu'en vouloir à l'humanité (...ou juste à TF1, en fait) et c'est limite compréhensible.

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